Une gestion différenciée des espaces verts

Le SIARE gère 23 bassins de rétention d’eau pluviale dont la fonction est de stocker l’eau en cas de fortes intempéries et de prévenir ainsi les risques d’inondation. Dix-huit de ces bassins sont secs et enherbés et nécessitent donc un entretien de leurs espaces verts. Le SIARE a fait évoluer ses pratiques et s’est engagé dans une démarche de gestion différenciée. Outre l’aspect environnemental, l’intérêt est aussi économique avec une réduction des coûts d’entretien.

 

Qu’est-ce que la gestion différenciée ?

L’idée principale est de permettre à la nature de reprendre ses droits dans les emplacements libres, notamment en laissant pousser l’herbe (ce qu’on appelle « une fauche tardive »), en enrichissant le milieu avec des arbres fruitiers, en choisissant des techniques « douces » d’entretien comme l’éco-pâturage et en éliminant les plantes invasives. Par contre, on continue à tondre ou couper court les espaces techniques des bassins : les chemins d’accès aux ouvrages hydrauliques, les escaliers … Ainsi, la gestion des espaces verts n’est pas la même partout, c’est ce qu’on appelle une « gestion différenciée ». Plus respectueuse de la nature, elle permet d’améliorer la qualité des espaces verts et de leurs écosystèmes.

Exemple de gestion différenciée, bassin Robert Thomas à Saint-Prix

 

Le choix des bassins de stockage

Tous les bassins ne sont pas éligibles à ces changements de pratique et ce pour différentes raisons : remplissage d’eau de pluie trop fréquent, eau polluée, talus avec des pentes trop importantes, usages spécifiques … Pour les autres, des spécialistes de la faune et de la flore ont étudié les potentialités écologiques de chaque site : recensement des espèces végétales et animales présentes, intérêt écologique des différentes espèces … L’étude a ainsi permis d’établir un plan d’actions pertinentes et adaptées. L’objectif est de développer petit à petit le nombre de bassins pour lesquels une gestion différenciée des espaces verts est mise en place.

 

L’éco-pâturage : préférer les moutons aux tondeuses !

Le SIARE pratique l’éco-pâturage depuis 2016. C’est une solution naturelle d’entretien des espaces verts qui présente de nombreux avantages, notamment une fertilisation naturelle des sols et la suppression de certaines espèces végétales invasives. En effet, les moutons éliminent de manière très efficace la renouée du Japon, une plante exotique envahissante et nuisible qui empêche les autres végétaux de se développer. La flore peut alors à nouveau se diversifier et assurer sa fonction de « refuge » pour la faune : c’est bon pour la biodiversité ! Outre l’aspect écologique, une gestion éco-pastorale permet également de réduire les coûts d’utilisation des machines et d’éliminer les nuisances sonores qui en découlent.

Cette année, nous accueillons des moutons noirs du Velay sur 7 bassins : Boissy à Beauchamp, Pillies au Plessis Bouchard, bassin de Saint Leu la Forêt, Schweitzer à Soisy-sous-Montmorency, bassin Saint-Prix aval, Aulnaies et Ossards à Taverny. Ces animaux rustiques sont originaires du massif central. C’est une race ancienne qui était en voie d’extinction. Ils sont très calmes et s’adaptent à tous les climats, aux sols pauvres et humides et ne craignent pas de marcher dans l’eau. Les moutons sont tous identifiés et un berger passe régulièrement s’assurer de leur bonne santé.

 

La fauche tardive pour favoriser la biodiversité

Le principe du fauchage tardif est de respecter le cycle de la nature, en coupant la végétation le moins souvent possible. Ainsi, le couvert végétal a le temps de se développer, ce qui favorise la pollinisation et offre nourriture et refuge à la faune. En laissant la végétation pousser, on permet également à de nouvelles espèces de s’implanter, ce qui favorise la biodiversité.

En pratiquant le fauchage tardif sur certains de ses bassins de stockage, le SIARE participe également au maintien de zones « vertes », dans des zones urbaines de plus en plus denses. Des îlots naturels essentiels pour l’environnement mais aussi pour permettre l’infiltration de l’eau de pluie par exemple.