Les zones humides : des éco-systèmes précieux à protéger !

Le 2 février, c’est la Journée mondiale des zones humides, date anniversaire de la Convention de Ramsar, adoptée en tant que traité international en 1971. L’occasion de mettre en lumière ces espaces naturels essentiels à l’environnement. Comment les reconnaître ? A quoi servent-elles ? Pourquoi faut-il les protéger ?

 

Qu’est-ce qu’une zone humide ?

Méconnues et souffrant d’une mauvaise image, les zones humides nous rendent pourtant beaucoup de services ! Non, ce n’est pas forcément un point d’eau ! Non, il ne s’en dégage pas d’odeur pestilentielle ! Non, ce n’est pas toujours un lieu infesté de moustiques !

Le code de l’environnement propose la définition suivante « On entend par zone humide des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». 

Les zones humides sont parfois en eau, parfois à sec, selon les saisons et les situations. La présence d’eau visible n’est donc pas un critère pour les reconnaître !

Les zones humides ont donc un type de sol et/ou une flore spécifique. Elles peuvent prendre différentes formes : marais, tourbière, forêt alluviale, prairie, roselière, estuaire … et présentent de nombreux bienfaits pour la nature et les Hommes.

 

schéma marais et praires humides
Les marais et praires humides que l’on peut trouver près de chez nous ! Pour visualiser les différents types de milieux humides cliquez sur l’image
zone d’expansion de crue
Exemple de zone humide sur notre territoire : zone d’expansion de crue – Photo : SIARE

 

La présence de zones humides : un atout pour un territoire

Tout d’abord, les zones humides sont des réserves de biodiversité très riches. La végétation y est constituée de plantes hygrophiles aimant les sols très humides : roseau, carex, iris jaune, saule, jonc … Cela crée un habitat propice à de nombreuses espèces : libellules, amphibiens, oiseaux, reptiles … qui y vivent et viennent s’y reproduire. Certaines sont à la fois terrestres et aquatiques comme les grenouilles, crapauds ou tritons.

On estime que les zones humides abritent 40 % de la faune mondiale.

Par ailleurs, tout comme les forêts, elles sont bénéfiques pour l’environnement car elles absorbent le C02, ce qui contribue à atténuer les effets négatifs du changement climatique. Elles agissent également sur la pollution de l’eau grâce à l’action naturelle d’épuration des plantes qui retiennent les matières en suspension et absorbent les nutriments comme les nitrates.

De plus, les zones humides nous permettent de prévenir les inondations en fonctionnant comme des éponges qui stockent l’eau. Ainsi, en cas de fortes précipitations, elles vont se gorger d’eau, contenir le surplus et l’absorber petit à petit, ce qui contribue à recharger les nappes souterraines. En cas de crue, les zones humides stockent les eaux provenant du débordement du cours d’eau et régulent ainsi le débit des rivières.

Schéma services écologiques rendus par les zones humides
Services écologiques rendus par les zones humides (source : Plan bleu, adapté d’après une illustration de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse)
Schéma illustrant le rôle des zones humides
Schéma illustrant le rôle des zones humides dans l’épuration de l’eau et dans la prévention des inondations

 

Des espaces menacés

Les zones humides sont malheureusement en fort recul.

Selon les études, elles disparaissent trois fois plus vite que les forêts et constituent l’écosystème le plus menacé de la planète. Saviez-vous qu’elles ont perdu 85 % de leur surface mondiale depuis le 18ème siècle ?

En France, elles ont souvent été asséchées et drainées, soit pour être mises en culture, soit pour construire des habitations, zones commerciales, routes … Le territoire très urbanisé du SIARE n’échappe pas à la règle.

Les zones humides sont également menacées par des plantes invasives comme la Renouée du Japon, très résistante, qui se développe de manière anarchique. Le SIARE intervient régulièrement pour éradiquer cette plante soit par de la fauche mécanique, soit par des méthodes naturelles comme l’éco-pâturage.

Enfin, les zones humides sont également menacées par la pollution : déchets industriels, déversements chimiques toxiques, pesticides, eau usée issue des mauvais branchements …

 

Les menaces pour les zones humides

 

L’action du SIARE

Le SIARE, du fait de sa compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) a pour mission de protéger les zones humides. Cela passe par trois étapes :

1) Identifier et recenser les zones humides du territoire

L’étude scientifique des milieux humides est nécessaire à leur protection et à l’amélioration de leur qualité. Mieux les connaître permet de mieux les préserver.

L’étude du SAGE Croult-Enghien-Vieille Mer a identifié les zones humides sur une grande partie du territoire du SIARE mais il reste 8 communes non couvertes par l’étude. Le SIARE va donc réaliser un inventaire en deux phases entre 2022 et 2023, à l’issue duquel il sera en mesure d’identifier les zones humides et les désordres constatés. Une concertation sera menée dès le démarrage avec les parties prenantes concernées : mairies, associations locales de protection de l’environnement, représentants d’agriculteurs …

 

2) Analyser les besoins en entretien ou en restauration

Pour les zones humides abîmées, des travaux d’entretien ou de restauration pourront être réalisés. Cela peut aller du simple entretien (fauchage) à une restauration complète. Ainsi, des travaux de restauration de zone humide seront lancés à Montlignon en fin d’année.

 

3) Les protéger

Pour préserver les zones humides, différents moyens peuvent être envisagés. Au niveau juridique, le code de l’environnement affirme le principe selon lequel la préservation et la gestion durable des zones humides sont d’intérêt général. Il souligne que les politiques nationales, régionales et locales d’aménagement des territoires ruraux doivent prendre en compte l’importance de leur conservation.

Sur le territoire du SAGE, les mairies devront modifier leur PLU (Plan local d’urbanisme) pour les y inclure et peuvent aussi les classer en zone inconstructible. Lorsque les zones humides sont sur des terrains privés, les propriétaires ont l’obligation de faire une déclaration ou demande d’autorisation pour des travaux, en fonction de la superficie concernée.

La destruction de zones humides sans autorisation est susceptible de poursuites et sanctions pénales – pouvant aller jusqu’à 75 000€ d’amende pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (Art. L. 173-1.-I du code de l’environnement) – assorties le cas échéant, d’une injonction de remise en l’état initial des lieux et d’astreintes financières.

Par ailleurs, le SIARE peut acquérir des terrains présentant un intérêt remarquable et pouvant servir par exemple de zone naturelle d’expansion de crue.

 

Conclusion : On estime que chaque hectare de zone humide conservé équivaut à une économie de 60 000 à 70 000 euros par an ! (source MEDAD). Au-delà de l’aspect économique, ces espaces sont des réservoirs de biodiversité indispensable à l’équilibre naturel de notre planète. Une bonne raison de les préserver !

 

Pour en savoir plus : http://www.zones-humides.org/

https://www.sage-cevm.fr/content/inventaire-des-zones-humides

Regarder la vidéo de l’agence de l’eau : https://www.youtube.com/watch?v=rVStFHRfOnc