Le lac d’Enghien-les-Bains est connu comme étant le « poumon bleu » du territoire, lieu incontournable de promenade et de loisirs. Pourtant, le constat est sans appel : 90% de ses berges sont artificielles (murs en béton ou en pierre), selon notre diagnostic réalisé en 2017. Cette absence de ripisylve (la végétation en bordure des milieux aquatiques) empêche l’épuration naturelle du plan d’eau et le développement de la biodiversité. Résultat : le lac est particulièrement sensible aux proliférations d’algues et de cyanobactéries. Ce phénomène avait contribué à une mortalité piscicole inédite durant l’été 2020. Autre problème, les berges, très dégradées, s’érodent, entraînant des risques d’effondrement.
Pour remédier à ces problématiques, le SIARE a mené une étude sur le lac afin d’appréhender les différentes possibilités de renaturation des berges, sachant que la majorité des berges bétonnées sont situées en domaine privées. Elle a défini 8 secteurs prioritaires, soit un total de 1800 m de berges publiques.

Dans le cadre de la compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations), les objectifs sont les suivants :
- Améliorer la qualité des eaux du lac par phyto-épuration
- Stabiliser les berges pour la sécurité du public
- Développer la biodiversité du site en créant des habitats adaptés à la faune et à la flore locales
- Embellir le paysage de ce site classé « patrimoine remarquable »
La première tranche de travaux commence mi-janvier au niveau du lac nord, avenue Victor Hugo, à Soisy-sous-Montmorency, pour une durée de 3 à 4 mois, sur 170 ml de berges.
Le chantier se déroulera en plusieurs phases : d’abord, la destruction du mur d’enceinte et du garde-corps, puis la pose des enrochements et le terrassement. Ensuite, des travaux de génie végétal avec la pose de géotextiles biodégradables pour réduire l’impact des précipitations sur les sols et faciliter le développement des futures plantations sur les berges. Les berges seront réalisées en pente douce afin de faciliter leur végétalisation.
Des hélophytes typiques des milieux aquatiques (plantes se développant dans les substrats gorgés d’eau mais dont les bases des tiges sont le plus souvent non immergées) seront plantées : carex, jonc, iris, reine des prés, salicaire, laîche des rives, baldingère, etc. Des prairies humides seront également ensemencées.
À l’issue des travaux, le secteur aménagé deviendra un parc ouvert au public, disposant d’espaces engazonnés, d’un cheminement piéton et de deux pontons en platelage bois.
Les travaux ont été prévus pour minimiser au maximum les impacts sur la qualité de l’eau et la biodiversité du site. C’est pourquoi, un barrage à MES (matières en suspension) sera installé et des sondes permettront de suivre en continu la qualité des eaux (mesure de la turbidité et de l’oxygène dissous). Une pêche de sauvegarde sera également réalisée afin d’évacuer la faune piscicole de l’emprise du chantier. Par ailleurs, la nappe hydrothermale bénéficie d’une attention particulière : c’est la raison pour laquelle, les fondations seront peu profondes pour éviter la pollution des eaux thermales.
L’opération est organisée en concertation avec les communes de Soisy-sous-Montmorency et Enghien-les-Bains et bénéficie de l’appui de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.
Maitrise d’œuvre : Bureau d’Etudes INGETEC
Travaux : Entreprise SETHY
Photo aérienne : Cabinet Delage ballFoide photo











