Lieu incontournable de promenade et de loisirs, le lac d’Enghien-les-Bains est aussi connu comme étant le « poumon bleu » du territoire.
Pourtant, le constat est sans appel : 90% de ses berges sont artificielles (murs en béton ou en pierre), selon notre diagnostic réalisé en 2017. Cette absence de ripisylve (la végétation en bordure des milieux aquatiques) empêche l’épuration naturelle du plan d’eau et le développement de la biodiversité. Résultat : le lac est particulièrement sensible aux proliférations d’algues et de cyanobactéries. Ce phénomène avait contribué à une mortalité piscicole inédite durant l’été 2020. Autre problème, les berges, très dégradées, s’érodent, entraînant des risques d’effondrement.
Pour remédier à ces problématiques, le SIARE a mené une étude sur le lac afin d’appréhender les différentes possibilités de renaturation des berges, sachant que la majorité des berges bétonnées sont situées en domaine privées. La première tranche de travaux s’est déroulé début 2026 au niveau du lac nord, avenue Victor Hugo, à Soisy-sous-Montmorency, sur 170 ml de berges.
Le chantier s’est déroulé en plusieurs phases :
- La destruction du mur d’enceinte et du garde-corps.
- La pose des enrochements et le terrassement.
- Les travaux de génie végétal.
Cette dernière étape des travaux a consisté à mettre en place des géotextiles biodégradables pour réduire l’impact des précipitations sur les sols et faciliter le développement des futures plantations sur les berges. Celles-ci ont été réalisées en pente douce afin de faciliter leur végétalisation.
Des hélophytes typiques des milieux aquatiques (plantes se développant dans les substrats gorgés d’eau mais dont les bases des tiges sont le plus souvent non immergées) ont été plantées : carex, jonc, iris, reine des prés, salicaire, laîche des rives, baldingère, etc. Des prairies humides ont également été ensemencées.
Les travaux ont été prévus pour minimiser au maximum les impacts sur la qualité de l’eau et la biodiversité du site. C’est pourquoi, un barrage à MES (matières en suspension) et des sondes ont été installés pour suivre de manière continu la qualité des eaux (mesure de la turbidité et de l’oxygène dissous). Une pêche de sauvegarde a également réalisée afin d’évacuer la faune piscicole de l’emprise du chantier.
Par ailleurs, la nappe hydrothermale bénéficie d’une attention particulière : c’est la raison pour laquelle, les fondations sont peu profondes afin d’éviter la pollution des eaux thermales.
À l’issue des travaux, le secteur aménagé a vocation à devenir un parc ouvert au public. Cet espace dispose d’un cheminement piéton et de deux pontons en platelage bois.
L’opération est organisée en concertation avec les communes de Soisy-sous-Montmorency et Enghien-les-Bains et bénéficie de l’appui financier de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.
-
Diagnostic du lac
Il a été démontré que 90% des berges sont artificielles (murs en béton ou en pierre).
-
Mortalité piscicole de grande ampleur
Plus de 12 tonnes de poissons morts.
-
Début des travaux
Maitrise d’œuvre : Bureau d’Etudes INGETEC
Travaux : Entreprise SETHY