La maîtrise des eaux pluviales est devenue un enjeu primordial dans les milieux urbains, notamment dans les zones très fortement densifiées. Désormais, l’eau de pluie doit être considérées comme une ressource rare, essentielle à préserver et à valoriser chez soi.
Dans le cadre des permis de construire, le SIARE est consulté afin d’émettre un avis sur l’assainissement et la gestion des eaux pluviales. Le SIARE encourage la gestion de l’eau de pluie à la parcelle, le rejet aux réseaux d’eaux pluviales doit être un dernier recours. Infiltrer, retenir et/ou récupérer les eaux de pluie sur votre terrain présente de nombreux avantages :
- préserver le cycle naturel de l’eau.
- restituer l’eau de pluie au sol et recharger les nappes phréatiques.
- réduire le volume d’eau déversé dans les réseaux d’évacuation et ainsi éviter les débordements sur la chaussée en cas de fortes précipitations.
- Diriger le ruissellement des surfaces imperméables (chaussées, trottoirs, parkings, etc.) vers les zones végétalisées pour réduire les pollutions.
- Faire des économies en réutilisant les eaux pluviales pour arroser le jardin ou alimenter les sanitaires.
Il existe de nombreuses solutions pour gérer les eaux pluviales au plus proche de son point de chute. Il est même possible de combiner différents dispositifs pour une meilleure gestion des eaux pluviales. Toutefois, avant de mettre en place un ouvrage destiné à gérer les eaux pluviales sur votre parcelle, il est fortement recommandé de réaliser une étude de sol pour connaître la nature de votre terrain et sa perméabilité.
Les techniques d’infiltration
Parmi les nombreuses techniques de gestion des eaux pluviales à la parcelle, les techniques d’infiltration sont des dispositifs à privilégier. Elles permettent un rejet au réseau à débit limité. Attention ! Les techniques d’infiltration sont déconseillées, voire interdites, sur les sols pouvant contenir du gypse.
La noue
Ce large fossé peu profond et végétalisé permet l’infiltration de l’eau à l’air libre.
Elle dispose de nombreux avantages :
- ralentir l’écoulement des eaux pluviales.
- Replacer l’eau dans son environnement naturel.
- Développer la biodiversité avec l’apparition d’une flore spécifique aux zones humides.
- Dépolluer les eaux de ruissellement par un processus naturel de phytoépuration (procédé de dépollution par les plantes).
La tranchée d’infiltration
Cet ouvrage de faible profondeur assure le stockage temporaire des eaux pluviales avant infiltration dans le sol.
La tranchée favorise l’infiltration grâce au matériel poreux (grave) mis en place tout autour d’un tuyau d’épandage (drain).
L’installation d’un regard de visite permet son entretien régulier en retirant tout ce qui pourrait empêcher la bonne infiltration de l’eau.
Le puits d’infiltration
Cet ouvrage plus ou moins profond permet le stockage des eaux pluviales et leur évacuation directement dans le sol.
Particulièrement adapté sur les terrains peu perméables en surface, il est conseillé de l’installer à une distance minimum de 5 mètres de toutes construction.
L’installation d’un dispositifs de prétraitement avant le puits permet de retenir les déchets, les boues et autres flottants.
Le jardin de pluie
Créer un jardin de pluie une solution de gestion des eaux pluviales particulièrement esthétique à mettre en place sur votre terrain.
Il s’agit d’un lit de plantes et de pierres conçu pour laisser le sol filtrer et restituer l’eau lentement par infiltration vers le sous-sol.
Les plantes doivent être sélectionnées pour tolérer des conditions humides et sèches. Lorsque l’enracinement est suffisant, le jardin se développe et devient autonome.
Attention : Les eaux de ruissellement doivent être suffisamment éloignées des fondations de votre maison et de votre fosse septique.
Les techniques de rétention
Chaque usager est responsable des eaux de ruissellement sur son terrain. Ces eaux proviennent principalement du toit et des gouttières puis s’écoulent vers la rue dans les canalisations des eaux pluviales. La rétention d’eau temporaire est une solution à adopter pour limiter le ruissellement de ces eaux, ralentir leur arrivée massive jusqu’au réseau public et ainsi éviter les débordements et les inondations.
Le bassin paysager inondable
Facile à concevoir, cet ouvrage de rétention et d’infiltration présente un intérêt paysager intéressant en fonction des plantations choisies et peut devenir un véritable bassin d’agrément dans le jardin.
Capable de gérer temporairement de grandes quantités d’eau de pluie, il prend deux formes différentes : sec ou en eau.
Le bassin sec se remplit à la suite de fortes précipitations alors que le bassin en eau permet de retenir l’eau par élévation de son niveau. Une fois la pluie terminée, les eaux des deux bassins s’infiltrent dans le sol ou sont évacuées vers les réseaux publics.
La cuve de rétention
Cet ouvrage enterré permet de retenir l’eau de pluie, puis de l’évacuer dans les réseaux publics d’assainissement en maîtrisant son débit.
Particulièrement pratique lors de fortes précipitations, la cuve de rétention est une solution simple et efficace pour éviter les débordements.
Elle est très souvent équipée d’une système de filtration située à l’entrée de la cuve afin de nettoyer les eaux de pluie des potentielles pollutions drainées par le ruissellement.
La récupération et la valorisation
L’eau de pluie peut être utilisée pour arroser votre jardin ou laver votre voiture. Chaque année, jusqu’à 600 litres d’eau par m² peuvent être récupérés. Pour une toiture de 100 m², cela représente 60 000 litres d’eau.
À votre avis, quelle est la quantité d’eau de pluie nécessaire pour arroser un jardin ?
- Pour une pelouse, il faut en moyenne 8 litres par m².
- Pour un potager, il faut en moyenne 6 litres par m².
- Pour un jardin de 200 m² (140 m² de pelouse et 60 m² de potager), il faut en moyenne 1 500 litres.
Mais avant d’utiliser l’eau de pluie, il vous faut pouvoir la stocker. Plusieurs solutions sont envisageables
La cuve hors-sol
La solution la plus simple pour l’arrosage du jardin ou le lavage de voitures est de recueillir l’eau dans une cuve raccordée à la gouttière et dotée d’un robinet.
Le volume de stockage peut aller de quelques centaines de litres à plusieurs m3. Attention néanmoins au gel ! Pensez à vider les cuves en hiver.
L’eau de pluie est récupérée pour un usage domestique (hors consommation alimentaire). Elle peut être utilisée à l’extérieur de votre habitation mais aussi à l’intérieur de votre domicile (chasse d’eau, lessivage des sols et du linge sous réserve d’un traitement adapté).
La cuve enterrée
Vous pouvez également recueillir l’eau de pluie dans une cuve enterrée. Elles offrent l’avantage de ne pas « perturber » l’harmonie du jardin.
Disposant d’un volume beaucoup plus important, ces cuves peuvent stocker de 1 à 10 m3.
Leurs matériaux de fabrication diffèrent en fonction des besoins :
- en béton (elles sont plutôt installées lors de constructions neuves) ;
- en plastique (de faible poids, elles permettent une installation aisée) ;
- en fibre de verre (légères et très résistantes).
Les techniques de déminéralisation
Les revêtements perméables
Pour la réalisation d’une terrasse, d’une zone de circulation ou de stationnement, différents revêtements existent. Lorsqu’ils sont constitués de matériaux perméables, ils permettent de conserver des espaces aménagés en limitant l’imperméabilisation.
La toiture végétalisée
La toiture végétalisée, autrement appelée toiture-terrasse « verte » ou toiture stockante, est une alternative au toit classique et constitue une avancée écologique.
Elle répond aux objectifs d’agrément, d’isolation, de rétention et d’évaporation des eaux de pluie. Il faut s’assurer au préalable que la structure du bâtiment supporte le poids supplémentaire ajouté par les plantes et le stockage temporaire de l’eau.
Ce type de dispositif permet :
- De gérer les petites pluies et stocker une partie de l’eau directement sur le toit.
- De réduire la surcharge du réseau des eaux pluviales par la rétention sur place.
- De favoriser l’évapotranspiration (processus biologique par lequel les végétaux perdent de l’eau sous forme de vapeur) et de limiter les îlots de chaleur en zone urbaine. En été, la toiture végétalisée permet de réduire jusqu’à 85% de la chaleur qui pénètre dans la maison. En hiver, elle préserve la chaleur.
- De limiter l’amplitude thermique et d’améliorer la qualité de l’air (en capturant les particules volatiles, en absorbant les poussières, certains polluants et les gaz carboniques).
Pour garantir un meilleur rendement énergétique, elle est compatible avec des panneaux solaires.
Sur une toiture végétalisée, différents types de végétation peuvent être cultivés :
- Une végétation extensive, légère et demandant très peu d’entretien. Cette végétation utilise moins de 10 cm d’épaisseur de substrat (mélange de terres qui sert de base de culture) et une plantation serrée et basse (mousses, sédum, vivaces…) résistante au vent et aux intempéries.
- Une végétation semi-intensive demandant un entretien régulier. Elle utilise peu de substrat (de 10 à 30 cm d’épaisseur) pour la végétation basse (vivaces, graminées…).
- Une végétation intensive ou toiture-jardin (gazon, plantes basses, arbustes et arbres…) utilisant beaucoup de substrat (plus de 30 cm d’épaisseur). L’entretien doit aussi être régulier. Ce type de toiture est destiné à des constructions neuves en raison de la quantité importante de substrat nécessaire et du poids sur la structure du bâtiment.
La toiture végétalisée est encadrée par la norme NF P84-204.