Un cours d’eau artificialisé à l’intérêt écologique faible

Le ru de Liesse prend sa source sur les Coteaux de Taverny et s’écoule sur environ 5,4 km à Pierrelaye et St Ouen L’Aumône, avant d’aller se jeter dans l’Oise, à St Ouen L’Aumône. 1 km font partie du territoire syndical. Il a un affluent mineur : le ru de Bessancourt.

Ce cours d’eau est très artificialisé depuis longtemps. Après cinq siècles de travaux hydrauliques monastiques et seigneuriaux, l’artificialisation s’est poursuivie au 20ème siècle.

Il en résulte une masse d’eau fortement modifiée, peu favorable à la biodiversité :

  • le lit du ru, rectiligne, et les berges sont bétonnés sur plus de 3 km et empierrés sur 1,2 km.
  • le cours d’eau est busé sur plus de 300 m (au niveau de la rue du Drain) et circule à ciel ouvert, à partir de la rue des Maraichers, à Pierrelaye
  • la ripisylve est présente sur moins de la moitié du linéaire (moins de 2 km).
  • la végétation aquatique est très faible et discontinue, en lien direct avec l’aspect trop pentu des berges.
  • la granulométrie du lit est également peu diversifiée.

Par ailleurs, le ru est en grande partie alimenté par le réseau d’eaux pluviales, ce qui le rend sensible aux variations pluviométriques et à la pollution.

La qualité de l’eau médiocre du ru est dû à différents facteurs :

  • Les matières en suspension et hydrocarbures issus du ruissellement de l’eau de pluie sur les chaussées
  • Les erreurs de branchement qui occasionnent un apport régulier en eaux usées.
  • Les surfaces agricoles que le ru traverse constituent également une source de pollution via l’infiltration des polluants dans la nappe, ou leur lessivage directement en direction du ru.

« Le ru de Liesse est très marqué par l’anthropisation : il s’agit typiquement d’un système de petit cours d’eau péri-urbain avec toutes les problématiques attachées, en termes de qualité et de risque hydraulique. Cette artificialisation présente ici la particularité d’être très ancienne, et elle s’est accompagnée d’une pression sur le bassin versant assez précoce, moins en termes d’urbanisation (qui ne s’est développée réellement que durant les 40 dernières années), que par les usages des terres aux fins d’épandages des eaux usées durant plusieurs décennies au tournant des XIXème et XXème siècle ». Etude multicritère sur le bassin versant du ru de Liesse, décembre 2016, SETEC Hydratec