Méconnues et souffrant d’une mauvaise image, les zones humides nous rendent pourtant beaucoup de services, notamment dans la préservation de la biodiversité et dans la prévention des inondations. Comment les reconnaître ? A quoi servent-elles ? Pourquoi faut-il les protéger ?
Qu’est-ce qu’une zone humide ?
Les zones humides sont des éco-systèmes, où la présence de l’eau est permanente ou temporaire ; elles sont parfois en eau, parfois à sec, selon les saisons et les situations. La présence d’eau visible n’est donc pas un critère pour les reconnaître.
Ces espaces naturels peuvent prendre différentes formes : marais, tourbière, forêt alluviale, prairie … et ont un type de sol et une flore spécifique (roseau, carex, iris jaune, saule, jonc). Cela crée un habitat propice à de nombreuses espèces comme les libellules, amphibiens, oiseaux, reptiles, qui y vivent et viennent s’y reproduire.
Contrairement aux idées reçues, les zones humides ne se situent pas qu’en zone rurale et plusieurs sont présentes sur le territoire du SIARE.
Le code de l’environnement propose la définition suivante « On entend par zone humide des terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».
195 zones humides soit 99,6 hectares ont été répertoriées sur le territoire du SIARE, dont 80 zones humides (37,5 hectares) se situent dans le périmètre du SAGE Croult-Enghien-Veille Mer (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux).
La présence de zones humides : un véritable atout
Dans le contexte du changement climatique, il est essentiel de les protéger car les services qu’elles nous rendent sont inestimables :
- Protection contre les sécheresses et les inondations : 15 000 m3 d’eau c’est le volume d’eau pouvant être stocké par une zone humide d’un hectare
- Préservation de la biodiversité : en France, 30 % des espèces végétales remarquables, 50 % des oiseaux et 100 % des amphibiens dépendent des zones humides.
- Îlots de fraîcheur en ville
- Recharge des nappes phréatiques
- Absorption du carbone : les zones humides absorbent le CO2 pour un volume 2 fois supérieur aux forêts et atténuent donc les effets négatifs du changement climatique.
- Filtration des polluants de l’eau grâce aux plantes épuratrices
Malheureusement, elles sont en danger : 50% des zones humides ont disparu au cours du 20ème siècle en France. Les activités humaines en sont les causes principales. Ainsi, elles ont souvent été asséchées et drainées, notamment à cause des pratiques agricoles et de l’urbanisation excessive (habitations, zones commerciales, routes, etc.).
Le SIARE, du fait de sa compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) a pour mission de protéger les zones humides.
Cela passe par différentes actions : étude et inventaire des zones humides, programme de restauration, de création et de valorisation des zones humides, stratégie foncière pro-active afin de mieux protéger les zones humides de son territoire.